Carl Hocquart

Promotion 2007 - 2008

Portfolio
• Survivre dans une prison malgache
• Madagascar, enfance dans un bidonville
Entretien
• Répondre à une demande ou à une attente des médias

Portfolio

Survivre dans une prison malgache

Antsirabé, troisième ville de Madagascar, est située à environ 160 kilomètres au sud de la capitale, Antananarivo. C’est en février 2009, alors que je couvrais la crise politique dans la capitale, que j’ai décidé de me rendre à Antsirabé dans l’intention de mesurer l’impact social des évènements dans les provinces.

J’ai eu alors l’opportunité d’entrer dans cette prison et d’y faire des photos. La situation y est déplorable : près de 700 détenus y survivent dans des conditions de promiscuité extrême, sans hygiène, avec un seul repas par jour, essentiellement du manioc bouilli. Les maladies de peau, mais aussi respiratoires (dont la tuberculose) sont courantes. Des rats ont investi les baraquements.

A cela s’ajoute l’absence de lits individuels : les hommes couchent sur des planches en bois, accolées les unes aux autres, parfois sur 15 à 20 mètres de long. Enfin, et surtout, nombres d’entre eux sont là depuis des années, soit en attente de jugement,, soit condamnés à de longues peines, pour des motifs parfois dérisoires-selon des critères occidentaux- comme le vol de marmite.

Enfin, les prises de vues ont été effectuées sous la surveillance étroite du directeur de l’établissement et pendant une durée relativement courte, soit une heure à peine.

Soumis aux recommandations de la direction et en vue de préserver l’anonymat des prisonniers, ces photos ont été réalisées de façon à ne pas pouvoir identifier les visages des détenus.

La prison d'Antsirabé (3ème ville de Madagascar) est un vieux bâtiment situé en périphérie de la ville. Le directeur de la prison. Dépourvu de moyens, il est très dépendant des ONG pour entretenir et s'occuper des prisonniers. Près de 700 détenus sont enfermés dans cette prison qui ne peut en accueillir que 300. Chacun doit se débrouiller pour manger avec ce que leur famille peuvent leur apporter. Les détenus attendent souvent plusieurs années avant d'être jugés. Certains ont été incarcérés pour un simple vol de marmite. D'autres purgent une peine de 10 ans de prison pour un vol de Zébu. Des salles décrépies où des lattes de bois font office de lits. Outre la présence de rats, la promiscuité provoque de nombreux cas de tuberculose. À nuit tombée, dans ce baraquement, environ 90 personnes sont enfermées dans 50 m2 entre 17 h et 7 h du matin. Sous le soleil, les hommes attendent leur tour pour se rendre aux toilettes. Les conditions d'hygiène sont rudimentaires. Les gardiens surveillent les détenus avant leur passage à la douche. Une gamelle est utilisée pour une toilette sommaire. "Jamais morts" puis, dessous, en malgache : "Maman, oseras-tu m'abandonner ?" Pour passer le temps, les prisonniers jouent aux dés, ou encore aux cartes. Pour s'occuper des détenus font des petits travaux de coutures. Prison d'Antsirabé



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