Antsirabé, troisième ville de Madagascar, est située à environ 160 kilomètres au sud de la capitale, Antananarivo. C’est en février 2009, alors que je couvrais la crise politique dans la capitale, que j’ai décidé de me rendre à Antsirabé dans l’intention de mesurer l’impact social des évènements dans les provinces.
J’ai eu alors l’opportunité d’entrer dans cette prison et d’y faire des photos. La situation y est déplorable : près de 700 détenus y survivent dans des conditions de promiscuité extrême, sans hygiène, avec un seul repas par jour, essentiellement du manioc bouilli. Les maladies de peau, mais aussi respiratoires (dont la tuberculose) sont courantes. Des rats ont investi les baraquements.
A cela s’ajoute l’absence de lits individuels : les hommes couchent sur des planches en bois, accolées les unes aux autres, parfois sur 15 à 20 mètres de long. Enfin, et surtout, nombres d’entre eux sont là depuis des années, soit en attente de jugement,, soit condamnés à de longues peines, pour des motifs parfois dérisoires-selon des critères occidentaux- comme le vol de marmite.
Enfin, les prises de vues ont été effectuées sous la surveillance étroite du directeur de l’établissement et pendant une durée relativement courte, soit une heure à peine.
Soumis aux recommandations de la direction et en vue de préserver l’anonymat des prisonniers, ces photos ont été réalisées de façon à ne pas pouvoir identifier les visages des détenus.