Lizzie Sadin

Promotion 1993 - 1994

Portfolio
• Mineurs en peines
Entretien
• Éthique et respect vis-à-vis des gens photographiés
Prix
• Violences Conjuguales

Portfolio

Mineurs en peines

La façon dont un État traite ses prisonniers est un assez bon indicateur de la qualité de sa démocratie. Une société se juge aussi à la manière dont elle traite ses enfants.
Dans nombre de pays, on crée des prisons, des centres fermés, des maisons d’arrêt, des colonies pénitentiaires, des bagnes pour enfants qui maintiennent ces jeunes dans des conditions parfois inhumaines. Trop souvent encore la dignité y est bafouée. La promiscuité, le racket et la violence y règnent. J’ai voulu témoigner des inégalités, de l’injustice et de l’humiliation qu’ils subissent en réalisant un état des lieux de la justice juvénile et de la situation des mineurs en conflit avec la Loi.
Un parcours de huit années sur tous les continents, dans onze pays aux caractéristiques géopolitiques différentes : pays en paix ou en conflit, États de droit et pays non démocratiques.

Plus d’un million d’enfants dans le Monde vivent en détention sans pouvoir bénéficier de l’aide d’un avocat, le plus souvent dans des pays où n’existent ni tribunaux pour enfants, ni juges spécialisés, au mépris des traités internationaux.
La Convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant, signée en 1989, stipule que nul enfant ne sera privé de liberté "de façon illégale ou arbitraire", que "la détention ne doit être qu’une mesure de dernier ressort et être d’une durée aussi brève que possible". Elle prévoit que l’enfant privé de liberté "devra être traité avec humanité et avec le respect dû à la dignité de la personne humaine, d’une manière tenant compte des besoins des personnes de son âge".

La grande majorité de ces mineurs envoyés en prison viennent de milieux pauvres, défavorisés et sont issus de minorités. Ces enfants ne sont pas en conflit avec la loi par choix mais à cause de la misère dont ils sont victimes et du manque d’opportunités qui sont encore plus limitées une fois qu’ils sont entrés dans le système carcéral. La prison aggrave alors leur situation et il serait plus judicieux de leur proposer des mesures alternatives à l’emprisonnement qui les aideraient à s’intégrer dans la société. L’incarcération ne doit puiser son fondement et sa justification que si elle tend vers la réinsertion. Or, ce genre d’initiatives est très rare. Le mineur n’a souvent comme choix que la prison, la détention… Peut-on envisager d’éduquer en ne proposant que l’enfermement ? Que dire de ces boot camps américains, à encadrement militaire, qui croient faire œuvre d’éducation par une discipline extrêmement sévère alors qu’il ne s’agit que de redressement ? En France même, l’idée est souvent évoquée de supprimer l’ordonnance de 1945 qui repose sur la priorité donnée à la mesure éducative sur la mesure pénale, celle-ci devant rester exceptionnelle. Or l’absence de dignité conduit à la haine et à la révolte, tout comme l’absence de réinsertion conduit à la récidive.

J’ai voulu témoigner avec mon regard de photographe de l’état de la justice juvénile dans dix pays aux caractéristiques géopolitiques très différentes : pays en paix et pays en guerre, États de droit et régimes autoritaires. Mais, d’un continent à l’autre, on ne peut qu’être frappé par la ressemblance de certaines scènes : mêmes cachots ou cellules d’isolement, même détresse, même volonté des matons de briser la résistance des jeunes détenus. Les hypothèses que j’avais au départ n’ont pas toujours résisté à la réalité. La Colombie, pourtant confrontée à une interminable guerre civile et à la violence des gangs et des narco-trafiquants, propose des mesures alternatives à la prison. Israël m’a permis d’accéder à des lieux de détention très fermés. Et les États-Unis sont loin d’offrir une justice juvénile à la hauteur de leur statut de première démocratie du monde. En revanche, à Madagascar, la misère est la cause de conditions de détention particulièrement épouvantables. Enfin les démocraties ne s’en tirent finalement pas mieux que les autres, si l’on tient compte de leurs moyens éducatifs et financiers.

J’ai rencontré - et c’est peu dire - les plus grandes difficultés pour obtenir les autorisations nécessaires tout au long des huit années qu’a duré ce travail. Il m’a fallu par exemple un an et demi de démarches pour disposer seulement de une heure et demie dans chacune des trois prisons visitées en Russie. Aux États-Unis les mêmes démarches m’ont pris trois ans… J’ai sollicité au total une quarantaine de pays. Les dix pays auxquels j’ai finalement pu accéder m’ont ouvert les portes d’une soixantaine de lieux de détention. Ce sont aussi des milliers de jeunes rencontrés derrière les barreaux. Des échanges avec certains resteront dans ma mémoire. J’ai été émue, touchée par Sergueï, Sacha, Dimitri, Pablo, Armando, Pascal, Alain, Matpala, Rivitchet, Khaled, Ali, Ron, David, Swasan, Evariste, Philibert, Sabrynn, Mike et tant d’autres.

J’ai été portée par l’idée d’amener nos regards à l’intérieur de ces lieux de détention et de porter leurs regards à l’extérieur. J’ai voulu redonner à ces jeunes la dignité qui est la leur, briser le silence dans lequel ils se trouvent et surtout rompre leur isolement.

Un reportage pour les sortir de l’ombre …

Isolateur d'instruction de Lebedeva, (Préventive), Quartier des mineurs. Saint Petersbourg. Mural à l'entrée du couloir qui mène aux cellules pour les mineurs. Isolateur d'instruction de LEBEDEVA (Préventive) / Quartier des mineurs Saint Petersbourg/ Russie. Les jeunes sont enfermés 23h/24 dans des conditions d'un autre âge, dans une même cellule avec des adultes qui font office de kapos Isolateur d'instruction de LEBEDEVA (Préventive) / Quartier des mineurs Saint Petersbourg/ Russie. Deux enfants lors de la promenade dans des cages fermées. Colonie pénitentiaire industrielle à KOLPINO / Quartier des mineurs Saint Petersbourg / Russie. Les prisonniers dans la cour : quelques blagues et rires avant d'aller travailler dans les ateliers de travail ou suivre la classe où ces jeunes, jusque là analphabètes ou illettrés, apprennent ou réapprennent à lire. Peu de détenus ont cette opportunité, par manque de moyens. En effet, cela n'est possible qu'avec l'aide des associations caritatives et de leur bénévoles. Colonie pénitentiaire industrielle. Kolpino, Quartier des mineurs, Saint-Pétersbourg, Russie. Youri, à l'atelier de tri de déchets de métaux ferreux où sur un des murs, une inscription indiquait que "chaque journée de labeur est une victoire sur soi-même"... Youri est payé 10 roubles par mois soit 25 centimes d'euros... Colonie pénitentiaire industrielle. Kolpino, Quartier des mineurs, Saint-Pétersbourg, Russie. La hiérarchie parmi les prisonniers est visible jusque sur les mains des détenus, comme en témoigne la marque que les "dominants" ont tatouée sur un "dominé". Le repas au réfectoire ne dure que trois minutes effectives. Un gardien regarde sa montre et donne un coup de sifflet dès que le temps est écoulé. Les jeunes détenus doivent s'arrêter de manger même si le repas, déjà maigre, n'est pas terminé et sortir les mains en l'air pour prouver qu'ils n'ont rien emporté à manger avec eux. Le repas, composé de pain noir et de kacha, sorte de blé bouilli ne couvre, selon l'OMS, que 30% des besoins alimentaires quotidiens... Ces détenus souffrent encore plus de confinement que les autres, car ils sont mis en quarantaine comme l'indique le panneau. Ils ont le sida ou la tuberculose et n'ont que de l'aspirine pour seul traitement... Isolateur d'instruction de Lebedeva (Préventive), Quartier des mineurs, Saint-Pétersbourg, Russie. Dimitri, 13 ans, est le souffre-douleur des adultes détenus avec lui dans cette fameuse cellule N° 90, dénoncée par Amnesty International et l'Observatoire International des Prisons (OIP), et tristement célèbre pour les traitements infligés par des prisonniers "matons" sur les mineurs : sévices, viols, humiliations, tatouage des prisonniers considérés comme infèrieurs... Ceux-ci dorment à tour de rôle. Il y a que 6 lits pour 24 personnes... Isolateur d'instruction de Lebedeva (Préventive), Quartier des mineurs, Saint-Pétersbourg, Russie. Sacha, 17 ans, avait déjà fait de la prison. Après avoir purgé sa peine, il était sorti en plein hiver, en petite chemise, sans travail et sans réinsertion. Il avait faim, il a volé à nouveau... La récidive est inévitable quand il n'y a pas d'accompagnement social ou de réinsertion. Prison Socio-éducative, Salvador de Bahia, Brésil. C'est une prison pour mineurs ayant commis des délits graves. Ce jeune est dans une cellule d'isolement car il a participé à une bagarre dans sa cellule. Il y restera, isolé et dans l'obscurité pendant deux jours, voire plus, s'il n'est pas "calmé" selon les gardiens...Des cas de brutalités infligées à des mineurs par des gardiens sont souvent signalés par des organisations de défense des Droits de l'homme. Centre pénitentiaire Casa de Acolhimento ao Menor, Salvador de Bahia, Brésil. Ce jeune crie sa douleur d'être enfermé dans sa cellule. Instituto Padre Severino, Rio de Janeiro, Brésil, Quartier pour mineurs. Le repas ne dure que dix minutes en silence et têtes baissées dans cette prison tristement célèbre pour les traitements infligés sur les mineurs par des gardiens très menaçants… Instituto Padre Severino, Rio de Janeiro, Brésil, Quartier pour mineurs. Après le repas, qui ne dure que dix minutes en silence et têtes baissées, le retour dans les cellules se fait également en silence et têtes baissées dans cette prison tristement célèbre pour les traitements infligés aux mineurs par des gardiens très menaçants. Centre fermé de réhabilitation pour la jeunesse, Phnom Penh, Cambodge. Dans les cellules, les mineurs dorment à la dure sur des sommiers en bois, sans matelas. les mineurs, de 7 à 18 ans, sont amenés par la police, après de petits délits comme le vol de riz sur pied ou la consommation de drogue. Placés pour être "redressés", ils ne seront pas présentés au juge. Centre des jeunes détenus, Fleury-Mérogis, France. Centre des jeunes détenus, Fleury-Mérogis, France. Un détenu dans sa cellule. Centre des jeunes détenus, Fleury-Mérogis, France. Pendant la promenade dans la cour, un détenu tente de parler Centre des jeunes détenus, Fleury-Mérogis, France. Ces jeunes sortent en promenade pour une heure. Centre de réception pour mineurs, Bogota, Colombie. Les jeunes y sont amenés par la Police des mineurs. Ils seront ensuite auditionnés par des juges qui vont statuer sur leur cas : retour au sein de la famille, liberté conditionnelle ou placement en centres semi-fermés ou fermés. Centre de réception pour mineurs, Bogota, Colombie. Distribution de papier toilette et de serpillières aux détenus pour qu'ils nettoient le sol avec leurs pieds… Ils peuvent rester en observation quelques jours dans ce centre. Ils seront ensuite auditionnés par des juges qui vont statuer sur leur cas : retour au sein de la famille, liberté conditionnelle, ou placement en centres semi-fermés ou fermés. Centre d'orientation Luis Amigo, Cajica, Colombie. Dans ce centre semi-fermé, des mineurs en conflit avec la loi, souvent très jeunes, suivent un travail d'accompagnement social. Ils font l'objet de mesures éducatives et non de peines. Ils apprennent à lire, suivent des cours de menuiserie ou de mécanique. C'est une chance de réinsertion qui leur est offerte. Centre semi-fermé « El puente », Bogota, Colombie. Dans ce centre où les enfants sont envoyés par des "Défenseurs de la Famille", Carlos, 8 ans, s'applique à scier une barre de fer dans l'atelier de métallurgie. Prison de Telmond, Section des mineurs, Ha Sharon, Tel Aviv, Israël. Quartier de Haute Sécurité pour les mineurs palestiniens ou Arabes israéliens ayant porté atteinte à la sécurité de l'Etat hébreu. 81 détenus âgés de 14 à 18 ans, dont certains purgent des peines de 20 à 25 ans, sont répartis dans 27 cellules. Prison de Tel Aviv, Israël. Quartier de Haute Sécurité pour les mineurs palestiniens ou Arabes israéliens ayant porté atteinte à la sécurité de l'Etat hébreu. 81 détenus âgés de 14 à 18 ans, dont certains purgent des peines de 20 à 25 ans, sont répartis dans 27 cellules. Prison de Telmond, section des mineurs, Ha Sharon, Tel Aviv, Israël. La visite des familles est un moment très important pour les mineurs. Cependant, le fait que des Palestiniens ne puissent plus se rendre en Israël sans des autorisations spéciales accordées au compte-goutte, rend très difficile ces visites -normalement organisées par le CICR et des avocats- et prive certains prisonniers de recevoir la visite de leur famille. Centre de réhabilitation juvénile Dar el Amar, Ramallah, Cisjordanie. Durant la journée, les jeunes alternent prières cinq fois par jour, enseignement scolaire, ateliers de coiffure et moments de détente et de sport. Centre de réhabilitation juvénile Spring Institute, Gaza. Durant la journée, les jeunes alternent cours de bonne conduite dispensés par le Ministère des Religions et prières cinq fois par jour avec des moments de détente et de sport, d'enseignement scolaire ou des moments où ils s'adonnent à des dessins de portraits d'Arafat ou de dessins plus Foyer d'accueil pour mineurs, Gare de New Delhi, Inde. Le « Social Railway's Project » tente d'aider les mineurs à s'en sortir. Certains de ces gamins, arrêtés la veille pour vagabondage ou chapardage, verront le juge le lendemain et partiront pour le Children Observation Home N°I. Children Observation Home N°1, New Delhi, Inde. Dans cette institution fermée pour mineurs en conflit avec la loi, et gérée par une ONG, les détenus bénéficient de mesures éducatives et sociales. Cependant restent les exercices militaires au son des tambours... Children Observation Home N°2, New Delhi, Inde. Dans cette prison gérée par l'Etat, le confinement est très sévère. La ronde des gardiens au-dessus des prisonniers, de jour comme de nuit... Prison de Moramanga, Madagascar Evariste et Philibert âgés de 13 ans, tous deux en prison pour avoir volé du riz sur pied car ils avaient faim. Ils viennent demander s'ils ont reçu un panier de nourriture de leur famille… La prison ne leur donne que du manioc qu'ils doivent cuire eux-mêmes. La malnutrition sévère, allant même jusqu'au décès -20 adultes en 2005- est un des problèmes majeurs dans les prisons malgaches. Religieux et ONG tentent d'y remédier en distribuant du riz ou des légumes aux détenus. Maison d'arrêt d'Ambanja, Madagascar Dans cette cellule, ils sont 20 mineurs dans 10 m2. Les plus faibles dorment enfermés comme dans un cercueil, sans air et par terre à même le sol sous les planches en bois sur lesquelles dorment les plus forts… « Les punaises nous attaquent toute la nuit et les rats mordent nos doigts car nos mains sentent la nourriture parce que nous n'avons pas de savon »… Maison d'arrêt de Diego-Suarez, Madagascar Accusés de délit de fuite, ces « évadés repris » sont enfermés dans ce cachot d'un mètre sur trois et sans fenêtre. Ils y restent une semaine dans le noir total, sans aucune visite et peuvent être jusqu'à douze dans ce cachot où ils ne peuvent même pas étendre leurs jambes... Prison de Antananarivo, Quartier des femmes, Madagascar. Ce quartier des femmes abrite 248 femmes, douze mineures dont certaines avec leurs bébés. David contre Goliath… Ce petit tient tête à la gardienne. Prison de Antananarivo, Quartier des mineurs, Madagascar. Dans cette prison de la capitale, 72 mineurs sont incarcérés dont trois sont condamnés. Les autres attendent toujours leur jugement. A Madagascar 70% des détenus sont en attente de jugement. Les dossiers se perdent et on ne sait souvent pas quand ils sont rentrés, ni de quoi ils sont accusés. Les conditions sont difficiles : pas de douche, une seule arrivée d'eau pour tous, pas de repas fourni, pas de médicament et les malades ne voient pas de médecin comme celui-ci qui gémit seul par terre… Elkhorn Correctional Facility, Fresno, Californie, USA. Admission, étape 2 : les jeunes détenus doivent maintenant avancer en suivant les traces de pas au sol sous peine de retourner à leur place sous les cris et de recommencer, puis lire un panneau « warning » qui dit que tout est permis aux gardiens, y compris d'utiliser des gaz lacrymogènes. Ils doivent le lire et le relire sous les cris sans comprendre où est l'erreur dans le texte tant qu'ils ne voient pas qu'ils ont oublié d'oraliser la ponctuation… puis passer à la tonte dans un hangar où, à l'abri des regards des autres, un gardien crie en jetant un banc contre les murs pour terroriser les autres restés à l'extérieur qui se demandent ce qui les attend. Pendant ce temps, un autre gardien ne cesse de hurler à l'oreille du jeune que l'on est en train de raser… Elkhorn Correctional Facility, Fresno, Californie, USA. Etape N°5 du processus d'admission. Ils doivent maintenant courir les bras en l'air. Ce jeune peine à suivre... Prison du Comté de Maricopa, Arizona, USA Les détenus vont faire des travaux d'utilité publique sous la surveillance de gardiens armés à cause des interventions de gangs rivaux qui pourraient en profiter pour éliminer un rival ou pour faire évader l'un des leurs. On les met sur la route pour « être vus par les contribuables » annonce fièrement le sheriff Joe Arpaïo, qui préfère parler de punition et surtout pas d'éducation ou de réinsertion. Prison du Comté de Maricopa, Arizona, USA. Pose des chaînes aux pieds des prisonniers avant la sortie de la prison. Les détenus vont faire des travaux d'utilité publique sous la surveillance de gardiens armés à cause des interventions de gangs rivaux qui pourraient en profiter pour éliminer un rival ou pour faire évader d'un des leurs. On les met sur la route pour « être vus par les contribuables » annonce fièrement le Sheriff Joe Arpaïo, qui préfère parler de punition et surtout pas d'éducation ou de réinsertion. South Texas, USA. Trois filles "cadets" font des pompes. c'est le traitement de base dès qu'il y a des comportements "hors normes". Elles sont encadrées par une "Drill Instructor" qui a fait ses classes et son apprentissage pendant la guerre en Irak... Gonzalez Boot Camp, Malibu, Californie, USA Tous les matins après le petit-déjeuner, le dortoir doit être nettoyé et les affaires pliées et rangées au centimètre près, « à la militaire ». Puis, sous la surveillance des caméras et du gardien, les jeunes doivent attendre le moment de la classe, allongés sur leur lit, les têtes le plus éloignées possible les unes des autres, car ils n'ont pas le droit de se parler. Le gardien passera en revue l'état du dortoir et tout manquement sera puni. Mc Lennan juvenile correctional facility, Texas, USA. Sans commentaire…



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