
En 1920, mes grands-parents paternels sont partis au Cameroun comme missionnaires protestants. Ils ont vécu vingt-six ans dans la région du Bamiléké, à l’ouest du pays, où mon père est né.
Après des études de chirurgie, mon père est retourné travailler au Cameroun, à l’hôpital de Bangoua, où je suis née. À la mort de mon grand-père, j’ai découvert les nombreuses images qu’il a effectué au Cameroun dans les années 30. Je venais juste de commencer la photographie...
Ce coin d’Afrique a laissé de nombreuses empreintes dans la vie de mes grands-parents, de mes parents puis dans la mienne. Empreintes psychologiques et affectives, d’abord. Empreintes photographiques et écrites, ensuite, témoignage d’un attachement constant à l’Afrique noire.
En 1998 je suis retournée pour la première fois depuis mon enfance sur mon lieu de naissance.
Mais à l’inverse des générations précédentes, je n’apportais ni message ni savoir particulier. Je partais en quête d’identité, un appareil photo en bandoulière...
C’est le début, pour moi, d’un travail de mémoire : travail sur la filiation et la transmission en lien avec une autre culture.