
Cette série ainsi que "Au bout de Shamal Road" a été réalisée à Qatar, extérieures aux démesures urbaines et économiques de la capitale Doha
La série « abandon » présente des ruines de villages du XIXe siècle, situées essentiellement tout le long de la côte nord de la péninsule. Ces villages de pécheurs constitués de groupements tribaux distincts ou familiaux furent occupés jusqu’aux années 50 voir pour certains jusqu’aux années 70.
Cette période d’abandon récente est en corrélation avec le développement des infrastructures de la capitale Doha, résultant du partage des richesses de l’exploitation du pétrole à partir 1949.
Le modèle résidentiel par fraction tribale fut également transposé à la capitale : un quartier résidentiel correspond à une communauté tribale, toponyme et nom de tribu sont identiques.
Ces ruines sont encore bien présentes, le temps fait son œuvre de travail de sape, la salinité et les vents forts du nord polissent et attaquent à la base les structures. De plus, historiquement le bédouin, « al-badawi », population encore bien prégnante à Qatar, a toujours laissé faire le temps, n’intervenant pas dans la destruction.
Toutes les traces d’installations s’effaceront d’elles-mêmes. Lors des retours annuels au campement, au village, la tribu s’installe aux côtés des bâtiments construits les années précédentes mais non entretenus. Cette gestion de l’espace, du territoire perdure même si aujourd’hui dans un contexte de forte urbanisation comme à Doha cela tend à s’amenuiser.