
Alors que L’OMS reconnaît officiellement l’albinisme comme double handicap, l’implication des gouvernements africains en faveur de cette pathologie reste inexistante (sauf au Mali grâce au chanteur albinos Salif Keita). Cette pathologie représente pourtant un cas sur 5000 en Afrique (contre 1 cas sur 20 000 en Occident*). L’albinisme est une pathologie génétique et héréditaire qui atteint à la fois la peau, l’œil, les cheveux et les ongles, explique Pascale Jeambrun, anthropologue et spécialiste de l’albinisme. Ne produisant plus de mélanine, les personnes albinos n’ont donc plus de barrière naturelle les protégeant des UV. Trois problèmes se posent en Afrique : d’une part, la dépigmentation, qui confère une couleur blanche à l’africain, faisant l’objet d’interprétations injustifiées à la naissance (soupçon d’infidélité, par exemple) ou de moqueries quotidiennes. Les personnes albinos souffrent, de plus, de troubles visuels importants. Leur vue est altérée par la dépigmentation de l’œil et les personnes concernées n’ont, en général, pas les moyens d’acheter le matériel nécessaire, encore faut il qu’un diagnostic soit établi. Pour finir, l’Afrique, continent ensoleillé, demande deux fois plus de vigilance surtout pour les plus pauvres qui n’ont pas d’autres possibilités que de travailler aux champs.
Les personnes albinos sont dans l’ignorance la plus totale. Livrées à elles-mêmes, elles n’ont de choix que de s’en remettre à Dieu.
(*) Etude des professeurs Pascale Jeambrun et Robert Aquaron.