Sophie Brandström

Promotion 1997 - 1998

Portfolio
• L’école des présidents
Multimédias
• Reconstruire Haïti

Entretien

Sans être tributaire du marché de la presse et de l’urgence

Quelle définition du photojournalisme pourriez-vous donner ? Vous considérez-vous comme photojournaliste ?

Le photojournalisme c’est raconter des histoires sous forme de photographies.

Je reste profondément attachée au photojournalisme de témoignage documentaire. J’aime raconter des histoires de la vie quotidienne, je ne suis pas attirée par l’actualité brûlante, mais plutôt par un travail en amont ou en aval de cette actualité. J’aime traiter les sujets sur le long terme sans être tributaire du marché de la presse et de l’urgence. Je me considère plus comme une photographe issue du reportage social. Je cherche à communiquer autour de problèmes sociaux afin d’installer une réflexion en vue de trouver des solutions. Je travaille de moins en moins pour la presse. Aujourd’hui, nous devons chercher d’autres issues pour les histoires que nous racontons.

Pensez-vous que le photojournalisme se pratique obligatoirement sur le terrain de l’actualité ?

Non, je pense que l’actualité est un terrain parmi d’autres où se pratique le photojournalisme.

Quelle est votre référence en photojournalisme aujourd’hui ?

Je reste encore attachée à des photographes comme Mary Ellen Mark, Larry Towell, Paul Fusco et Bruce Davidson. Mais aussi Sarah Moon, et Alec Soth.

Il est commun de dire que le photojournalisme s’apprend sur le terrain, mais vous avez suivi une formation à l’EMI, pourquoi ?

J’ai débuté comme photographe aux États-Unis où j’ai travaillé pour la presse quotidienne de Floride (Boca Raton News et Miami Herald) pendant cinq ans. Lorsque je suis arrivée en France, je voulais travailler dans la presse magazine car les deadlines étaient moins contraignants. Je me suis donc rapprochée du CFD afin d’avoir une vue d’ensemble de la presse magazine.

L’usage de la vidéo et du multimédia fera t-il partie de votre pratique professionnelle et quelles ouvertures ces supports ouvrent-ils dans le domaine du photojournalisme ?

Je pense que la vidéo et le multimédia sont l’évolution logique de mon travail. Le son apporte une dimension supplémentaire au témoignage photographique. J’ai toujours été très sensible au documentaire radiophonique. Je le trouve très « visuel ». Nous avons de la chance de vivre les débuts du multimédia avec l’ouverture de grandes perspectives sur l’expérimentation du son, de la photographie et de la vidéo .



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