Ljubisa Danilovic

Promotion 1998-1999

Portfolio
• Sur les traces du transsibérien
Multimédias
• Diaporama - Sur les traces du transsibérien
Prix
• Finaliste du Prix LEICA Oskar Barnack 2007 - Russie

Entretien

Raconter à travers de petites histoires, la grande

Quelle définition du photojournalisme pourriez-vous donner ? Vous considérez-vous comme photojournaliste ?

Raconter à travers de petites histoires, la grande. En images bien sûr.
Je ne collabore plus avec la presse depuis des années. J’ai toujours été partagé entre mon envie de raconter l’histoire des autres et le besoin de raconter ma propre histoire (la mienne à travers la leur ?). Je me considère comme photographe, journaliste parfois.

Pensez-vous que le photojournalisme se pratique obligatoirement sur le terrain de l’actualité ?

Non-sens. Ce serait comme n’aimer une femme que le samedi soir.

Quelle est votre référence en photojournalisme aujourd’hui ?

Je ne connais pas la “nouvelle vague”. Que les “vieux”.
Je n’aime pas trop les références même si bien sûr je suis fortement intéressé par l’œuvre de certains photographes (pas photojournalistes). Pour moi, on n’a plus inventé grand-chose depuis “le monologue intérieur” de Franck. C’est la photo que j’aime, qui me touche.

Il est commun de dire que le photojournalisme s’apprend sur le terrain mais vous avez suivi une formation à l’EMI, pourquoi ?

Pour rencontrer du monde. En 1999, il n’était pas encore question de numérique et de tout ces logiciels à maîtriser. Je pense qu’aujourd’hui, la formation photoj doit aussi être très formatrice de ce point de vue là.

Pensez-vous que l’usage de la vidéo et du multimédia fera partie de votre pratique professionnelle dans l’avenir et pourquoi ?

Je réalise des films documentaires depuis plus de dix ans. Je me suis très naturellement tourné vers le webdoc (forme linéaire plus que cliquable, vis-à-vis de laquelle je reste assez partagé).
Pour moi, une photographie cesse d’en être une à partir du moment où on impose à l’observateur un temps d’observation. Un diaporama est un film fait à partir d’images fixes. Un webdoc pareil.

L’usage transmédia permit par le web est une innovation et une nouveauté incroyable pour les photographes. Un nouvel horizon à explorer. Pas pour les réalisateur de films. Je pense que le plus important est de rester photographe et, avant tout, de faire de bonnes images. Je vois trop de webdoc avec des images médiocres alors que c’est justement sur ce terrain que l’on peut se différencier de la production vidéo. C’est bien qu’un photographe sache filmer un peu. Seulement ce sont deux métiers totalement différents. Un bon caméraman doit surtout savoir bien écouter. Le photographe lui peut être sourd. L’addition du son sur des images fixes change absolument tout.

Personnellement, je ne filme jamais (sauf au reflex, de petites séquences), je ne sais pas me servir d’une caméra et n’ai pas envie d’apprendre. Je trouve le film beaucoup moins exigeant que la photo alors je réalise et c’est tout. Je fais aussi moi-même le son de mes interviews.
Pour les ambiances, il faut laisser faire les ingénieurs du son. Je sais monter un peu sur FinalCut, mais là aussi, un monteur est indispensable pour l’échange. Je réalise là que je suis un véritable homme orchestre !



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