LÊ Chau-Cuong

Promotion 2003 - 2004

Portfolio
• An ander Spree park

Entretien

J’aime être seul, avec mon appareil.

Quelle définition du photojournalisme pourriez vous donner ? Vous considérez vous comme photojournaliste ?

Être photojournaliste implique à mon un sens de l’engagement et de témoignage. Les notions d’informations et de documentations sont essentielles.

En 2011, je pense être plus photographe que photojournaliste. Si je reste sensible aux histoires des autres, je me suis aujourd’hui tourné vers ma propre intimité. J’essaie de comprendre aujourd’hui ce qui m’a construit et porté jusqu’ici. Je crois être davantage dans une démarche de documentation intime.

Pensez-vous que le photojournalisme se pratique obligatoirement sur le terrain de l’actualité  ?

Je ne pense pas. Je pense que le photojournalisme a plusieurs formes : l’actualité chaude, reportages de long terme…
Je suis plus sensible pour ma part à une démarche “de l’après” lorsqu’on s’intéresse aux conséquences, aux retombées, à ce qui se passe au quotidien.

Quelle est votre référence en photojournalisme aujourd’hui et pourquoi ?

J’aime beaucoup le collectif Tendance Floue qui a su je trouve documenter notre époque par le biais de regards personnels forts. Une alchimie réussi d’une photographie “auteur”, engagée et dynamique. J’aime aussi Stanley Green, Stephen Shore, Anders Petersen. Sinon, je suis venu à la photo en regardant les images de Raymond Depardon.


Il est commun de dire que le photojournalisme s’apprend sur le terrain mais vous avez pourtant suivi une formation à l’EMI, pourquoi ?

J’ai suivi la formation photojournalisme de l’EMI sur les conseils d’un photographe pour gagner du temps. Il me disait que j’allais gagner 4-5 ans. J’arrivais sur le tard à l’époque, et n’avais aucun contact, ne savais pas comment fonctionnait la presse. L’EMI m’a donné des pistes, appris à éditer et construire un reportage, informé sur la réalité du métier (précarité, problèmes économiques du secteur, démarchages etc.)

Pensez vous que l’usage de la vidéo et le multimédia feront partie de votre pratique professionnelle régulière dans l’avenir et pourquoi ?

Cela semble être incontournable. Ce sont des démarches différentes, complémentaires. On ne pense plus l’image de la même manière et demande une autre organisation, plus lourde je trouve.
Je m’y suis mis car je m’intéresse aux sons, à la vidéo. Je vais aller vers le webdoc dans la mesure du possible (vu les difficultés de financement, de montage). Mais il faut reconnaitre que j’aime l’image fixe, cet instantané. J’aime être seul, avec mon appareil. L’idée du photographe seul avec son regard. Ce qui est moins évident dans le cadre des nouveaux usages, mais je me trompe peut-être…



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