Wilfrid Estève

Promotion 1994-1995

Portfolio
• Ground Zero
• « Avec les Forces Nouvelles » en Côte d’Ivoire
• Rhizome

Entretien

il s’agit d’une approche et d’une écriture.

Quelle définition du photojournalisme pourriez-vous donner ? Vous considérez vous comme photojournaliste ?

Je me considère comme photojournaliste dans la mesure où la notion de témoignage est centrale dans ma production, que je développe un angle pertinent et affirme un point de vue. Mon travail se base sur le réel, l’enquête et des règles déontologiques guident ma démarche professionnelle. Après le photojournalisme regroupant plusieurs genres je me sens plus proche de la photographie documentaire et sociale que du « Hot news ». Depuis une dizaine d’année, je constate qu’il y a un effacement des frontières entre l’information et la création artistique et que la notion d’écriture s’est renforcée. Enfin, la liberté d’information n’est pas en contradiction avec un positionnement d’auteur.

Pensez-vous que le photojournalisme se pratique obligatoirement sur le terrain de l’actualité ?

Le photojournalisme se pratique sur tous les terrains, il s’agit d’une approche et d’une écriture.

Concernant le terrain de l’actualité, je reste perplexe. Aujourd’hui, la consommation boulimique de l’information renforce un sentiment d’urgence et nous conduit à un état de malbouffe médiatique. Les rédactions nous imposent leur réalité et poussent majoritairement à l’information spectacle.

Ne laissons pas le lecteur se faire happer par le sensationnel, l’auteur se changer en un œil voyeur et l’iconographe céder à la facilité d’un traitement superficiel.

Quelle est votre référence en photojournalisme aujourd’hui ?

Les « digitals natives » qui débarquent dans le métier. Ils maîtrisent tout l’environnement numérique et en terme de diffusion, ils sont réactifs et présents partout. Leur culture est fondée sur le réseau, sur les notions d’échange et de partage, de pensée partagée. Ils ont tout compris.

Il est commun de dire que le photojournalisme s’apprend sur le terrain mais vous avez pourtant suivi une formation à l’EMI, pourquoi ?

Elle m’a conforté dans le choix d’un métier, m’a apporté de bonnes bases et un réseau.


Pensez vous que l’usage de la vidéo et du multimédia feront partie de votre pratique professionnelle dans l’avenir et pourquoi ?

C’est déjà le cas depuis 5 ans. J’ai co-fondé, en 2006 avec deux autres photographes, le studio de création et de production multimédia Hans Lucas.

Les « nouveaux » supports de l’information donnent à voir différemment le photojournalisme et la transversalité du récit multimédia renforce la démarche éditoriale. Donner du sens au web, aux écritures transmédias, maîtriser les canaux de diffusion et de production, sont des enjeux cruciaux.



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