Julien Daniel

Promotion 1996-1997

Portfolio
• La Crimée entre Ukraine et Russie

Entretien

Il faut donc raconter des histoires sur le monde d’aujourd’hui

Quelle définition du photojournalisme pourriez-vous donner ? Vous considérez-vous comme photojournaliste ?

Le photojournalisme c’est faire du journalisme en photos. Pour se revendiquer comme tel, il faut donc raconter des histoires sur le monde d’aujourd’hui, en s’appuyant sur le réel, sur la vie des gens, quel que soit le terrain. Ce qui est nouveau aujourd’hui c’est que ces photographies, ces histoires, n’ont plus nécessairement leur débouché naturel dans la presse. Ce qui permet de faire peut-être un distinguo entre photographe de presse et photojournaliste. Je me définis personnellement plus comme photographe, car mon activité ne se résume pas, malheureusement, au seul photojournalisme.

Pensez-vous que le photojournalisme se pratique obligatoirement sur le terrain de l’actualité ?

L’actualité est un terrain privilégié, mais pas le seul. La prospective (avant l’actualité) et la mémoire (après, voire longtemps après l’actualité) tout comme la vie quotidienne sont d’autres terrains.

Quelle est votre référence en photojournalisme aujourd’hui ?

Les références sont multiples. Je citerai plus spontanément des supports de presse que des agences ou des noms de photographes. Des titres tels que Time ou Newsweek sont des références car on voit dans leurs pages les grandes signatures de photographes, même si cela reste dans le domaine exclusif du news, de l’actualité.

Il est commun de dire que le photojournalisme s’apprend sur le terrain mais vous avez suivi une formation à l’EMI, pourquoi ?

Ma motivation à suivre la formation du CFD était simple : mettre fin à mes doutes sur ma capacité à exercer cette profession, en me confrontant avec la réalité professionnelle du secteur, me mettre face à ma motivation à continuer dans cette voie. Le déclic s’est produit.

Pensez vous que l’usage de la vidéo ou du multimédia fera partie de votre pratique professionnelle dans l’avenir et pourquoi ?

Il paraît certain que l’on doive dans un futur proche être capable de maîtriser plusieurs techniques, complémentaires à la photographie. Le danger c’est de se retrouver dans une position d’homme-orchestre, à devoir tout faire (photo-vidéo-son-texte) en même temps. Qui dit tout faire dit souvent ne rien faire (bien).



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