Alain Le Bacquer

Promotion 1993-1994

Portfolio
• Carnet de route au Xinjiang
• Pékin underground
Multimédias
• Webdoc - Pékin Underground
Prix
• Curé de campagne

Entretien

Être photojournaliste c’est avant tout raconter une histoire humaine

Quelle définition du photojournalisme pourriez-vous donner ? Vous considérez-vous comme photojournaliste ?

Être photojournaliste c’est avant tout raconter une histoire humaine. Le photojournaliste marque son empreinte à travers une vision d’auteur. Que ce soit un fait d’actualité, un changement de société ou la vie au quotidien d’un groupe de personnes, le photographe enquête et traduit avec son regard.

Ses images lui permettent de documenter ce qu’il voit, de partager ses doutes et ses émotions, mais surtout d’affirmer ses convictions avec ceux qui vont les regarder. Traditionnellement, le photojournaliste publie ses photos dans la presse papier, aujourd’hui la place manque de plus en plus pour le reportage photo, et de plus en plus de photojournalistes se tournent vers d’autres support de diffusion.

Je revendique quant à moi une démarche documentaire intime. Si je garde les réflexes du journaliste comme prendre des notes, ma vision photographique reste le plus souvent décalée par rapport à un travail de photojournaliste.

Pensez-vous que le photojournalisme se pratique obligatoirement sur le terrain de l’actualité ?

Non bien évidemment. Il existe plusieurs sortes de photojournalistes. Je trouve plus intéressant de documenter le quotidien. Il existe toujours des histoires extraordinaires à raconter avec des choses en apparences très banales. Pour moi, quand l’actualité retombe et que la meute médiatique déserte, alors c’est le moment le plus intéressant pour revenir photographier les bouleversements, les changements dus aux évènements.

Quelle est votre référence en photojournalisme aujourd’hui ?

Philipp Blenkisopp, Stanley Greene, Paolo Pelegrin,... et les collectifs de photographes qui renouvellent la vision de notre monde.

Il est commun de dire que le photojournalisme s’apprend sur le terrain mais vous avez suivi une formation à l’EMI, pourquoi ?

À la fin d’une aventure éditoriale avec la revue Photo Reporter, j’avais par mon travail de journaliste dans ce magazine de photo, vu passer beaucoup de photographes et exercer mon œil en découvrant leurs images de reportage. Il m’a semblé alors que cette formation en photojournalisme avec Yan Morvan et Patrick Frilet me ferait gagner du temps et m’apprendrais les ficelles du métier.
Je pense que ce choix m’a propulsé plus vite dans le monde professionnel puisque dès la fin de mon stage je me suis retrouvé en stage à l’agence Sygma et à avoir mes premières publications dans la presse.

Pensez-vous que l’usage de la vidéo et du multimédia fera partie de votre pratique professionnelle dans l’avenir et pourquoi ?

La vidéo est arrivée à grand pas ces dernières années dans la photographie, avec la fonction vidéo dont sont dotés les derniers-nés des boîtiers reflex.
Je m’y intéresse pour ma part depuis deux ou trois ans et travaille actuellement sur un projet de web documentaire qui mélange images fixes, séquences vidéo et animation de type "stop motion". Ce mixe enrichi à mon avis la narration , mais il faut faire attention que le style d’images filmées " 5d " ne devienne pas une mode. L’utilisation de la vidéo doit être pensée en fonction du sujet.



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