Joseph Melin

Promotion 2007-2008

Portfolio
• Usine de keffieh à Hébron en Cisjordanie
Multimédias
• Diaporama - Keffieh "made in Palestine"
• Le bodybuilding, "une sorte de liberté"

Entretien

Entre l’information et l’art

Quel a été le déclic dans votre carrière photo journalistique ?

Il n’y a pas de véritable déclic à proprement parler dans mon parcours mais plutôt une longue réflexion qui m’a amené progressivement à faire le choix de ce métier et qui continue aujourd’hui sur le sens à donner à mon travail.
J’ai été très tôt attiré par le journalisme tout en découvrant tardivement la photographie (vers 20 ans. J’ai alors décidé de lier ces deux disciplines.

Quelle définition du photojournalisme pourriez-vous donner ? Vous considérez-vous comme photojournaliste ?

Le photojournalisme est un témoignage visuel qui navigue entre l’information et l’art, entre la nécessité de faire passer un message tout en l’exposant à l’esthétisation du regard. C’est dans ce rapport que se situe de manière très personnelle chaque photojournaliste.
Pour ma part, je me considère pour l’instant d’avantage comme photographe que comme photojournaliste.

Pensez-vous que le photojournalisme se pratique obligatoirement sur le terrain de l’actualité ?

Absolument pas. Il existe évidemment le photojournalisme d’actualité mais ce n’est qu’une partie de cette activité qui réunit également le grand reportage, le photojournalisme spécialisé (sciences, économie), la photographie documentaire...

Il est commun de dire que le photojournalisme s’apprend sur le terrain mais vous avez suivi une formation à l’EMI, pourquoi ?

Le photojournalisme s’apprend effectivement en pratiquant mais l’EMI accélère considérablement cette phase d’apprentissage en réunissant une vingtaine de stagiaires aux regards différents et qui vont, au contact de chacun, pouvoir comprendre la spécificité de leur travail respectif en jugeant et en étant jugé. Différents intervenants transmettent les connaissances techniques, artistiques, journalistiques, et administratives inhérentes à ce métier. L’école est d’ailleurs la seule en France à proposer ce panel de cours.

Qu’est ce que la vidéo va changer pour les photojournalistes dans le futur ?

Le photojournaliste peut aujourd’hui réaliser des plans vidéo de qualité directement avec son appareil photo. Encore faut-il que l’opérateur fasse l’effort de se former à ce médium et qu’il possède une culture de l’image animée...
Pas de grands changements à attendre à court terme. Le photojournaliste formé et sensibilisé va pouvoir effectuer quelques plans vidéos en plus de son travail photo (qui restera son activité principale) et ce afin de le proposer dans un récit multimédia par exemple.

A moyen terme et dans la perspective du développement de l’activité du journalisme multimédia, la vidéo s’impose comme l’une des disciplines majeures à maîtriser au même titre que la captation sonore. Mais on s’éloigne alors de la notion de photojournaliste.

L’usage de la vidéo est-il selon vous devenu incontournable dans votre pratique professionnelle ?

Non, je pense que les photojournalistes doivent s’y intéresser au même titre que d’autres disciplines mais je ne pense pas que ce soit incontournable.
Certains basculeront vers la vidéo, par envie ou par volonté de se diversifier. D’autres vont avoir une activité pluri-média, mélangeant image fixe et animée, mais la vidéo ne sera en rien une activité « obligatoire » pour les photojournalistes pour qui le cœur de métier reste l’image fixe.



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