
Quelle définition du photojournalisme pourriez-vous donner ? Vous considérez-vous comme photojournaliste ?
Je suis un peu trop jeune dans le métier pour pouvoir prétendre en donner une définition. Raconter des histoires de son temps en images, et être rémunéré pour ce travail : voilà comment je définirais le photojournalisme, de manière simple.
Pensez-vous que le photojournalisme se pratique obligatoirement sur le terrain de l’actualité ?
Côté pratique, on nous a souvent répété que, pour proposer des sujets à des rédactions, il fallait « une accroche actu ». Autrement dit, trouver un prétexte dans l’actualité pour y rattacher un sujet qui peut être très personnel et, au départ, pensé différemment. C’est la règle. Je trouve parfois très dommage de constater qu’il y a des reportages magnifiques et remplis de sens qui passent à la trappe sous prétexte qu’ils ne sont pas « dans l’actualité ». L’actualité sert de base au reportage, au même titre que la sensibilité du photojournaliste, ses passions, son histoire personnelle, sa vision du monde. Cela fait peu de temps que je m’intéresse aux actualités « chaudes » en photo. Un nouvel exercice en somme.
Quelle est votre référence en photojournalisme aujourd’hui ?
Mes références actuelles en photojournalisme sont des agences qui, outre la qualité de leurs photographes, persévèrent dans l’innovation des modèles pour lutter contre les difficultés du métier. Je pense notamment à ce qu’a fait VII, en cherchant de nouveaux modes de diffusions, qui s’accompagnent de nouvelles façons de travailler pour les photographes. Leur travail s’en trouve enrichi et les perspectives élargies.
Il est commun de dire que le photojournalisme s’apprend sur le terrain, mais vous avez suivi une formation à l’EMI, pourquoi ?
A presque 30 ans, je n’avais qu’une pratique amateur de la photo, et j’évoluais dans un monde complètement déconnecté de ce métier que j’envisageais. Passer ces quelques mois en compagnie de formateurs et d’autres photographes m’a permis d’enrichir mes connaissances techniques de la photo, mais aussi de partager des pratiques, de comprendre un peu mieux cet univers. Après deux ans passés à travailler dans un cabinet d’audit financier, cette immersion réalisée à l’EMI me paraissait nécessaire. D’autant que le « terrain » fait partie intégrante de la formation.
Pensez-vous que l’usage de la vidéo et du multimédia fera partie de votre pratique professionnelle dans l’avenir et pourquoi ?
Après quelques réticences, je me dis que oui, l’utilisation de la vidéo et du multimédia fera partie de ma pratique. Il faut toutefois doser ces pratiques... qui peuvent parfois mener à une perte de sens, du fait d’artifices multimédia ou du syndrome du « journaliste Shiva » qui, au final, perdla maitrise totale de son temps et de ses outils.